Le Québec est né de la mer.  Au départ la vie quotidienne tournait autour de la vie maritime…  Hélas avec le temps, cette culture maritime s’est évanouie pour la majorité des Québécois.

Moi, Caroline Fortier, petite « terrienne » de Saint-Nicolas, je ne faisais pas exception à la règle. Lorsque j’étais enfant, venant d’une famille qui était, d’un côté agriculteurs et de l’autre, menuisiers, la culture maritime m’était pratiquement inconnue.  Et même si j’habitais tout près du fleuve Saint-Laurent et le traversait ou le longeait fréquemment pour mes déplacements, jamais je n’avais pris conscience de sa beauté, de sa culture, de sa richesse, de son importance dans notre histoire.  Lorsque j’apercevais des navires, jamais je n’aurais pensé qu’il y avait tant de dangers qui les guettaient, que le métier de capitaine était… un art…  que la mer, elle,  était si… puissante, voire dangereuse.

Cette prise de conscience s’est faite seulement en début vingtaine.  D’abord, je me souviens d’une exposition annuelle d’affiches au Cégep où j’ai vu pour la première fois un énorme poster d’une photographie de Jean Guichard du phare la Jument en France de sa série Les phares dans la tempête.

Phares dans la tempête – La Jument – Jean Guichard

Je l’ai regardé hypnotisée.   Une gigantesque vague de tempête encerclait le phare de pierres.  Toute puissante, elle allait engloutir vivant le gardien de phare qui se retrouvait juste à la porte d’entrée.  Encore aujourd’hui, je regarde ce poster (que j’ai acheté et laminé) et je me demande encore si l’homme devant le phare était bien réel? Et si ce n’était pas un montage, a-t-il survécu? Ou encore comment a-t-il fait pour survivre?  C’est plutôt inimaginable, renversant.  Cette image m’a fait saisir la puissance de la mer. Tantôt calme, belle et douce, la mer peut soudainement vous surprendre par sa vigueur et être prête à tout saccager. Je ne pouvais que rester humble devant cette force de la nature.

Et l’Homme dans cette histoire? C’est en suivant un cours à l’Institut maritime du Québec que j’ai commencé à réaliser ce que l’Homme devait faire pour vivre avec les humeurs changeantes de la mer.  Entre autres, la rigueur et les connaissances avec lesquelles les capitaines et leurs officiers devaient se soumettre pour mener un navire à bon port : loi de la marine marchande, cartes marines, météo, courants, manœuvres, aides à la navigation et j’en passe.  De plus, j’ai compris qu’un marin ce n’était pas seulement un marin, qu’il était également un pompier et un secouriste car il doit être toujours prêt à réagir à toute situation d’urgence, puisqu’en mer les secours sont loin.  J’ai tellement été captivée par ce métier que dès la fin de mes études universitaires en biologie marine (de là mon petit côté environnementaliste ;)), j’ai œuvré pour obtenir mon brevet d’officier de navigation.

Lieutenant à bord du N.M. Armand Imbeau

Aujourd’hui, habitant le village de Tadoussac, sur la Côte-Nord au Québec, étant premier officier sur les traversiers et liée à une famille de marins passionnés de père en fils, j’ai le désir d’approfondir mes connaissances sur le savoir-faire des marins, sur le patrimoine maritime bâti et d’en connaître les histoires et d’en approfondir la culture.   J’en profiterai pour vous raconter les histoires de marin de ma muse, mon beau-père Julien Brisson, bien connu sous le nom de capitaine Jules de Tadoussac. Un vieux loup de mer, passionné qui fut jadis propriétaire de goélettes et qui a sillonné le Saint-Laurent du Lac Ontario jusqu’au Cap-Breton, Nouvelle-Écosse et Baie Verte à Terre-Neuve sans oublier le majestueux fjord du Saguenay.

Je vous invite donc à venir naviguer sur ma page facebook et mon blogue Partons la mer est belle.ca. Vous y découvrirez les techniques que l’Homme a développées au cours des siècles passés à aujourd’hui pour s’arrimer à la mer. Phares, épaves, naufrages, histoires de marins, sites touristiques célébrant la mer, chansons, métiers et bien d’autres encore. Ensemble, nous voyagerons à travers la culture maritime d’hier à aujourd’hui du Québec et d’ailleurs pour conserver et transmettre un savoir qui doit rester éveillé dans la mémoire collective québécoise en souvenir de nos racines.

Allez, partons ensemble, la mer est belle…