Le premier Rendez-vous de la culture maritime a eu lieu ces 14-15-16 juin dernier à l’Hôtel Tadoussac. C’est sous le thème À la confluence des marins! qu’il s’est déroulé. Telle la confluence des eaux du Saguenay et du Saint-Laurent, ce fût une belle fin de semaine pour se rencontrer entre passionnés et pour discuter, rêver et se faire parler de la culture, de l’histoire et du patrimoine maritime. Les gens présents étaient généreux et de belles idées ont germées.

Le croisement des savoirs

Les divers sujets maritimes abordés au courant de la fin de semaine ont permis de faire un survol du domaine maritime de la région et de ses alentours… les bateaux blancs, les naufrages, le métier de pilote, les corsaires, les épaves de Charlevoix, la navigation dans le parc marin, la modélisation 3D, le patrimoine maritime et le chavirement du Fort William… C’étaient donc dix conférences, quatre principales visites et une porte ouverte des exposants qui ont permis de créer un regroupement des différentes sphères du domaine maritime. Ce dernier élément fait l’unicité de l’événement.

Alain Franck, conservateur du Musée maritime du Québec, était heureux de noter pendant sa présentation de bienvenue et lors de sa conférence que la tenue de cet événement, de par le croisement des savoirs, correspondait à l’une des dix-sept recommandations rédigées en 1983 par la Commission des biens culturels et émis lors d’un colloque sur « l’état de la situation du patrimoine maritime au Québec ». Il saluait l’initiative prise par une personne passionnée et indépendante, Caroline Fortier, pour réaliser cette recommandation 36 ans plus tard, soit le regroupement de plusieurs intervenants, institutions ou chercheurs voués à la connaissance, à la préservation et à la mise en valeur de la culture maritime au Québec.

En effet, le Musée maritime du Québec, la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent, le Parc marin du Saguenay – Saint-Laurent, les Plongeurs d’épaves techniques du Québec (PETQ), la Fête des chants de marins de Saint-Jean-Port-Joli, le Site historique maritime de la Pointe-au-Père et d’autres passionnés ont permis de créer de beaux échanges sur le sujet de la culture maritime. Rajoutons la Garde côtière canadienne (le Poste de recherche et sauvetage de Tadoussac et le Centre de services de communications et de trafic maritimes des Escoumins), l’Administration de pilotage des Laurentides et la Traverse de Tadoussac – Baie-Ste-Catherine qui ont profité de l’événement pour faire visiter leurs installations et ont ainsi rajouté aux bénéfices de l’événement. Notons que ces quatre différentes visites techniques ont eu un grand succès et que les participants en sont revenus enchantés.  Même les employés responsables des visites ont été heureux de discuter avec des passionnés de leur organisation et de leur métier.

Les moments forts

Mme Françoise Marquis accompagnée de sa fille Jasmine Desjardins en compagnie de deux Plongeurs d’épaves techniques du Québec (PETQ), Sébastien Pelletier et Jean-Pierre Richard

D’abord, la présence de Mme Françoise Marquis (Desjardins) ne peut être passée sous silence. Accompagnée de sa fille Jasmine Desjardins, elles étaient les invités d’honneur pour la conférence des Plongeurs d’épaves techniques du Québec (PETQ), MM Jean-Pierre Richard et Sébastien Pelletier. Ces derniers nous ont entretenu sur leurs plongées de deux des trois plus grandes épaves du Saint-Laurent, le MV Tritonica et le SS Leecliffe Hall et leur histoire respective. Deux épaves impossibles à visiter sans les cours très techniques de plongée sous-marine. Mmes Marquis et Desjardins sont respectivement la veuve et la fille de M. Jean-Louis Desjardins décédé lors du naufrage du SS Leecliffe Hall au large de Cap-aux-Oies en 1964. Un événement très difficile pour la jeune famille de l’époque. En effet, à ce moment, la dame n’avait pu enterrer son mari, ni même lui faire de funérailles, puisque le corps n’a jamais été retrouvé et par le fait même, l’âme de M. Desjardins était considérée en « perdition ». De plus de mauvaises langues racontaient que les trois hommes décédés lors de ce naufrage étaient retournés à bord chercher des biens personnels alors qu’en réalité, ils avaient tenté de sauver le navire par une ultime manœuvre, mais en vain. Pour Mme Desjardins, la mise à jour de la vérité est un baume sur le cœur, c’est un réconfort pour elle après 55 ans. Partons la mer est belle.ca a remis à la dame un bouquet afin d’exprimer son empathie et la remercier de sa présence. (N.B. Il y a deux ans, le Musée maritime de Charlevoix en collaboration avec Hubert Desgagnés et les PETQ commémoraient aussi cette tragédie.)

Après la conférence fort intéressante d’Hubert Desgagnés relatant les différents naufrages ayant contribué à l’amélioration de la sécurité sur le fleuve Saint-Laurent, Barbara Pouliot, nous présentait en première sa quête sur un de ces accidents dans son documentaire Faux départ: l’Incident du Fort William. En tant que survivante »génétique » de cet incident dans lequel son père aurait pu perdre la vie avec les cinq autres membres d’équipage décédés, Barbara souhaitait en savoir plus sur cet incident qui aurait pu l’empêcher de venir au monde. Documentaire émouvant dans lequel Barbara trouve des réponses à ses questions en interrogeant son père et d’autres témoins et en visitant le navire avant son dernier départ pour son démantèlement en Turquie.  Dans ce documentaire, on comprend comment un navire peut finir par faire « partie » de la famille.

Maquette du Fort William réalisée par Jacques Trondeau et donnée à M. John Pouliot, père de Barbara Pouliot.

Finalement, Alain Franck, ethnologue spécialisé en histoire maritime et conservateur au Musée maritime du Québec, concluait cette fin de semaine riche en émotions en nous résumant l’état de la situation du patrimoine maritime au Québec lors de sa conférence intitulée « Le patrimoine maritime du Québec dans l’univers mental des Québécois ». En conclusion, beaucoup de travail reste à faire pour préserver ce patrimoine qui inexorablement disparaît sous nos yeux.

Une deuxième édition?

Une deuxième édition est effectivement dans mes projets. J’aimerais que cet événement soit récurant, mais « nomade », c’est-à-dire qu’il revienne à chaque année, mais dans une région maritime différente. Ceci correspond au but fixé par Partons la mer est belle.ca qui est de partir à la découverte de la culture maritime du Québec et d’ailleurs. Alors où sera le Rendez-vous l’année prochaine… c’est encore une surprise!

Pour le moment, les participants interrogés sont très enthousiastes à suivre Partons la mer est belle.ca dans une autre région et ils ont déjà hâte à l’année prochaine. Si vous êtes une organisation prête à recevoir ce type d’événement chez vous, restez à l’affût, je lancerai la mise en candidature cet automne. Suivez-moi sur Facebook! et/ou abonnez-vous à mon info-lettre.

Merci

Alain Franck, ethnologue spécialisé en histoire maritime et conservateur au MMQ, Caroline Fortier de Partons la mer est belle.ca et instigatrice du Rendez-vous de la culture maritime et Marie-Claude Gamache, directrice générale du MMQ.

Un tel événement ne peut être possible sans de précieux partenaires. Merci infiniment au Musée maritime du Québec (MMQ) de leur confiance. L’équipe du Musée, Marie-Claude Gamache et Alain Franck, a traversé le fleuve pour venir à Tadoussac et soutenir l’événement en étant partenaire officiel. C’est un honneur que d’être supportée par une si grande institution muséale. Merci du fond du cœur.

Je tiens à remercier les partenaires majeurs : la MRC de la Haute-Côte-Nord, la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent (CPBSL), la Municipalité du Village de Tadoussac et l’Hôtel Tadoussac pour avoir cru en cet événement. (Voir la photo de couverture: De gauche à droite: Alain Franck, conservateur au Musée maritime du Québec; Charles Breton, maire de la Municipalité du Village de Tadoussac; Tina Tremblay, directrice générale de l’Hôtel Tadoussac; Caroline Fortier, instigatrice de l’événement; Yves Plourde, président de la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent; Marie-Soleil Simard, MRC de la Haute-Côte-Nord )

Je ne peux passer sous silence la belle participation des installations maritimes de la région, principalement l’Administration de pilotage des Laurentides avec leur visite de la Station de pilotage des Escoumins et leur bateau-pilote. Merci au directeur de la station M. Éric Bérubé et au capitaine Pierre Blanchette qui a eu un grand plaisir à « piloter » ces visites.

Merci aussi à la Traverse de Tadoussac – Baie-Ste-Catherine; la visite d’un traversier tout neuf de nouvelle génération a été fort appréciée également. Merci au directeur Christian Guay et à ses équipages d’officiers de navigation pour leur accueil, Capitaines Francis Deschênes et Guy Lavigne et les lieutenants Guillaume Martin et Denis Perron. Nous avons eu droit à une première puisque c’était la première fois que la traverse ouvrait ses portes alors que le navire est en fonction.

Finalement, la Garde côtière canadienne a fait visiter deux installations. Merci au commandant Jean-Philippe Lessard et à tout son équipage pour la visite du NGCC Cap de Rabast, leur navire de recherche et sauvetage basé à Tadoussac. Et merci à l’équipe de M. Michel Giroux pour la visite du Centre de services de communications et du trafic maritimes aux Escoumins. J’aimerais aussi remercier deux autres personnes de la GCC, soient Mmes Andréanne Doré-Dumas et Guylaine Beaudoin.

Sans oublier le support matériel du Festival de la Chanson de Tadoussac et son directeur Julien Pinardon et le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent dont particulièrement, Valya Galadza-Park, Samuel Turgeon et Marie-Josée Normandin.

Mentionnons également ceux qui ont permis aux participants de repartir avec de beaux cadeaux : la Microbrasserie Tadoussac, La Galouine Auberge et Restaurant/Terroir Boréal, Chez Mathilde Bistro, les Savons de l’Atelier, le Casse-croûte Le Connaisseur, Croisières AML et Catherine Marck avec ses bouteilles de souffle de baleine.

Merci également à tous les conférenciers présents: Yves Plourde (CPBSL), Samuel Turgeon (PMSSL), Sébastien Pelletier et Jean-Pierre Richard (PETQ), Jean-François Blais (104 histoires de la Nouvelle-France et Bordel de mer), Hubert Desgagnés, Barbara Pouliot (Histoires de Marin), René Beauchamp, Jean-Pierre Filion (jpfilM) et Alain Franck (MMQ).

Selon l’ordre de présentation ci-haut

Un merci énorme à tous les participants. Pour la plupart, vous êtes venus de l’extérieur de la région, tel que Montréal, Beauharnois, Valleyfield, Québec, Saint-Jean-Port-Joli, Rimouski, Deschambault et La Baie pour ne nommer que ceux-là.

Un dernier merci aux bénévoles : Jean Harvey, Anne Lévesque, Myreille Perron, Gino Brisson et Céline Chabot et ma fille Gabrielle Brisson. Sans vous, je n’y serais pas arrivée.

Merci à tous et à l’année prochaine!

Témoignages

Témoignages des participants sur leur expérience à la première édition du Rendez-vous de la culture maritime – À la confluence des marins à Tadoussac ces 14-15-16 juin 2019.